La réparation

min 02 avril 2026 Collectif

À l’occasion de sa participation à l'édition 2026 d'Art Paris, qui se tiendra du 9 au 12 avril prochain, le Fonds d’art contemporain propose un parcours thématique en écho à la notion de « la réparation » portée par Alexia Fabre. Ce projet invite à une relecture critique de la collection municipale afin d’interroger l’héritage colonial du XXᵉ siècle, en mettant en regard des œuvres orientalistes d’artistes français et celles d'artistes issus d’Afrique, des Caraïbes et d’Amérique du Sud qui portent, à la même époque, un regard différent sur la réalité des peuples colonisés. En résonance avec cet ensemble moderne, des artistes contemporain·e·s explorent les questions d’identité, de mémoire et de résistance. Ce parcours mettra en lumière une sélection d’artistes présentés sur le stand du Fonds : (noms)

Les œuvres d'art moderne : témoins d'une ère coloniale

Des portraits ... (titre à trouver)

Lucien Madrassi (1881-1956) et François de Hérain (1877-1962) sont deux artistes français actifs dans la première moitié du XXᵉ siècle dont une partie de l’œuvre s’inscrit dans le contexte colonial. À travers leurs voyages et leurs séjours dans les territoires alors sous domination française en Afrique de l’Ouest et en Afrique du Nord, ils réalisent de nombreux portraits et scènes représentant les populations locales, dans la tradition orientaliste largement diffusée dans les milieux artistiques de l’époque. Aujourd’hui, ces œuvres invitent à interroger le regard porté sur les sociétés colonisées et les cadres institutionnels qui ont favorisé leur production et leur diffusion.

Des dialogues entre œuvres modernes et contemporaines

Des œuvres en résonance

Ces œuvres de Fabiana Ex-Souza (1980-) et Victoire Ravelonanosy-Razafimbelo (1910-1981) explorent le lien entre mémoire, identité et végétal à travers des pratiques ancrées dans l’histoire diasporique et les circulations culturelles. Tandis que la vidéo-performance Studying Fertility 3 convoque les savoirs de guérison traditionnels et inscrit le soin dans le corps comme geste de résistance, la gouache Crotton de Tamatave fait de la plante tropicale un symbole de déplacement, d’exil et de transmission entre Madagascar et la France.

Victoire RAVELONANOSY, Crotton de Tamatave, s.d.

Mémoires recomposées

Les œuvres d'Alexandre Bloch (1857-1919) et de Nidhal Chamekh (1985-) interrogent la représentation des figures militaires et la fabrication des récits historiques à travers deux époques et deux langages plastiques. Avec Zouave blessé, Bloch inscrit la figure du soldat dans une tradition académique qui participe à la construction d’une mémoire héroïsée de la guerre. À l’inverse, la série nos visages de Chamekh mobilise archives et fragmentation graphique pour redonner visibilité aux soldats africains relégués aux marges du récit officiel. Ce dialogue entre peinture d’histoire et pratique contemporaine de l’archive met en lumière les tensions entre mémoire institutionnelle et récits invisibilisés.

Alexandre Bloch, Zouave blessé

Les œuvres d'art contemporaines : héritages et décolonisations

Katia Kameli (1973-) déconstruit les récits dominants avec Stream of stories (2015-2019), en retraçant les origines orientales des Fables de La Fontaine et en révélant l’oubli des circulations culturelles historiques. Par ses installations, elle met en lumière la porosité des frontières culturelles et questionne la hiérarchie entre original et copie, ainsi que les mécanismes de transmission imposés par les récits occidentaux.

Kenny Dunkan (1988-) explore le corps et le costume dans Mwen Paré, où les matériaux manufacturés et les références au carnaval antillais interrogent les effets de l’acculturation, du colonialisme culturel et de la société consumériste occidentale. Son œuvre met en tension héritage caribéen et identité européenne, tout en transformant des objets usuels en instruments de résistance et d’affirmation identitaire.

Myriam Mihindou (1964-) mobilise le langage comme outil de critique postcoloniale dans Dêmos, révélant les violences symboliques de la colonisation et les cadres de domination patriarcale. Ses assemblages de mots, fil, cuivre et papier calque exposent l’incommunicabilité imposée par les régimes de pouvoir et proposent une esthétique de la réparation et de l’émancipation, souvent appliquée à son propre corps pour incarner la résilience collective.

Informations pratiques

Pour venir : Grand Palais - 7 avenue Winston Churchill, 75008 Paris

Ouverture au public :
Jeudi 9 avril 2026 : 12:00 - 20:00
Vendredi 10 avril 2026 : 12:00 - 20:00
Samedi 11 avril 2026 : 12:00 - 20:00
Dimanche 12 avril 2026 : 12:00 - 19:00