Vie de la collection

Mesure de conservation : retour de 57 œuvres présentes à l’Hôtel de Ville

07 mars 2023

Du 25 au 27 janvier dernier, des œuvres de la collection municipale présentes à l’Hôtel de Ville sont décrochées pour bénéficier de mesures de conservation et de documentation, réalisées dans les réserves du Fonds d’art contemporain. Les œuvres vont être dépoussiérées, restaurées, documentées puis photographiées. Certaines vont profiter d’une « mise en repos ».

Déplacement de la peinture de Luigi Loir pour conditionnement et retour dans les réserves.

Déplacement de la peinture de Luigi Loir pour conditionnement et retour dans les réserves.

3 jours d’intervention pour 57 œuvres déposées

En 2019 et 2022, le Fonds d’art contemporain mène le pointage des 356 œuvres présentes à l’Hôtel de Ville.  Cette opération a permis de détecter des états sanitaires fragiles. Le Fonds d'art contemporain - Paris Collections met en œuvre des mesures de conservation pour 57 œuvres.

Trois jours de démontage, d’emballage et de transport sont nécessaires au décrochage et au conditionnement des peintures, sculptures, photographies.

Ces œuvres datent du milieu du 19e siècle à nos jours. Il s'agit de :

 

·         7 photographies

·         10 sculptures

·         15 arts graphiques (dessin, estampe, pastel, …)

·         2 objets d’art

·         23 peintures

 

Les services d’intendance et de sécurité incendie accompagnent les équipes du Fonds pour accéder aux différents espaces de l’Hôte de Ville.

 Regroupées dans une salle sécurisée, la bibliothèque du Conseil de Paris, les œuvres décrochées sont aussitôt conditionnées - dans des matériaux de conservation- et marquées de leur numéro d’inventaire. Les techniciens de la société ESI assurent leur manutention, dans des caisses, et leur transport en direction des réserves du Fonds.

[Femme et amours], 1872, sculpture en bronze de Jean-Baptiste Carpeaux
Femme et amours, 1872, sculpture en bronze de Jean-Baptiste Carpeaux
Décrochage des œuvres dans les bureaux de l'Hôtel de Ville par les équipes de la société ESI, mandatée par le Fonds d'art contemporain
Décrochage des œuvres dans les bureaux de l'Hôtel de Ville par les équipes de la société ESI, mandatée par le Fonds d'art contemporain
Après décrochage, acheminement de la peinture de Carole Benzaken,[Abu Hassan], une acrylique sur toile, 260 x 260 cm jusqu'à la bibliothèque du Conseil de Paris, pièce dédiée au conditionnement des œuvres. Cette peinture sera prochainement photographiée pour être publiée avec sa notice, sur le site internet du Fonds
Après décrochage, acheminement de la peinture de Carole Benzaken,Abu Hassan, une acrylique sur toile, 260 x 260 cm jusqu'à la bibliothèque du Conseil de Paris, pièce dédiée au conditionnement des œuvres. Cette peinture sera prochainement photographiée pour être publiée avec sa notice, sur le site internet du Fonds © Adagp, Paris
Un pastel intitulé [Portrait de Clémenceau], réalisé par Lucien Lévy-Dhurmer (1865-1953) est décroché pour un retour en réserves. Il s'agit d'une acquisition datant de 1919.
Portrait de Clémenceau, de Lucien Lévy-Dhurmer (1865-1953). Acquisition de 1919.
Conditionnement des œuvres avant retour en réserves du Fonds, dans la bibliothèque du Conseil de Paris
Conditionnement des œuvres avant retour en réserves du Fonds, dans la bibliothèque du Conseil de Paris
Dans la bibliothèque du Conseil de Paris, à l'Hôtel de Ville, les équipes du Fonds et de la société ESI organisent le conditionnement des œuvres pour leur retour en réserves, dans le 18e.
Dans la bibliothèque du Conseil de Paris, à l'Hôtel de Ville, les équipes du Fonds et de la société ESI organisent le conditionnement des œuvres avant retour en réserves, dans le 18e.
Vue en hauteur de la bibliothèque du Conseil de Paris, à l'Hôtel de Ville
Bibliothèque du Conseil de Paris, à l'Hôtel de Ville
Réception des œuvres et des affiches dans les réserves du Fonds. La société ESI présente sur le quai de déchargement, dans le 18e
Réception des œuvres et des affiches dans les réserves du Fonds. La société ESI présente sur le quai de déchargement, dans le 18e

De retour en réserve, que deviennent les 57 œuvres ?

Depuis le retour des œuvres, le pôle gestion scientifique planifie les priorités d’intervention, du simple dépoussiérage à la restauration, selon l’état sanitaire de l’œuvre. Ces opérations mobilisent également la régie.

  •  Les 57 œuvres seront dépoussiérées.

  •  Les œuvres contemporaines – acquises depuis 1970 – seront photographiées à partir de mars. Ces photographies d’œuvres en très haute définition documenteront la collection, enrichiront le catalogue des œuvres, en ligne sur le site. La première campagne de numérisation 2023 couvrira 52 œuvres en 4 jours.

  • 31 œuvres nécessiteront une intervention plus spécifique d’un/d’une restaurat.rice.eur (remontage, une mise à plat, un ré encadrement, un changement du système d’accrochage, une consolidation de la couche picturale …).

  • Les photographies, les estampes et les dessins sont mis au repos. Hautement sensibles aux rayonnements lumineux, le support et les couleurs de ces médiums se dégradent de manière irrémédiable. Les œuvres sont conservées à l’abri de la lumière, pour une durée garantissant leur conservation.

Retour dans les réserves du Fonds d'une peinture à l'huile de Luigi LOIR (1846-1916), intitulée [Le marché à la ferraille], 1896, 150 X 300 cm. Acquisition de 1896.
Retour dans les réserves du Fonds d'une peinture à l'huile de Luigi LOIR (1846-1916), intitulée Le marché à la ferraille, 1896, 150 X 300 cm. Acquisition de 1896.
La restauratrice Lucie Grollier Luciani intervient sur la sculpture en bronze de Jean-Baptiste Carpeaux, [Femmes et Amours], 1872. La restauratrice re-socle la sculpture, la dépoussière, va retoucher des griffures puis la marquer de son numéro d'inventaire.
La restauratrice Lucie Grollier Luciani intervient sur la sculpture en bronze de Jean-Baptiste Carpeaux, Femmes et Amours, 1872. La restauratrice retouche des griffures.
La restauratrice Lucie Grollier Luciani marque de son numéro d'inventaire la sculpture en bronze de Jean-Baptiste Carpeaux, [Femmes et Amours], 1872.
La restauratrice Lucie Grollier Luciani intervient sur la sculpture en bronze de Jean-Baptiste Carpeaux, Femmes et Amours, 1872. La restauratrice re-socle la sculpture, la dépoussière, va retoucher des griffures puis la marquer de son numéro d'inventaire.
une oeuvre photographiée, dans une salle sombre éclairée par projecteurs
Campagne de numérisation de la collection Ville de Paris

Garantir la pérennité de la collection

Collection publique, le Fonds d’art contemporain a pour mission d’assurer la préservation des œuvres de la Ville de Paris dont il a la responsabilité. À ce titre, le récolement et le post-récolement constituent des enjeux de conservation de la collection. Mais que signifient ces termes ?

Le récolement

Le récolement consiste à vérifier tous les dix ans, sur pièce et sur place, à partir de l’œuvre ou de son numéro d’inventaire, la présence de celle-ci dans la collection, sa localisation, son marquage, ses dimensions ainsi que son état.

Le post-récolement

À l’issue du récolement, les constats d’état permettent d’établir une liste d’actions prioritaires à réaliser pour chacune des œuvres : il s’agit de la phase de post-récolement.

Les suites données de cette phase de post-récolement par les équipes du Fonds d’art contemporain peuvent être de nature techniques (marquage de l’œuvre, changement du système d’accrochage etc.), scientifiques (ré encadrement, dépoussiérage, restauration etc.), documentaires (numérisation, recherches complémentaires etc.) ou encore juridiques (dépôt de plainte en cas de disparition ou de  vol). L’ensemble de ces mesures vise à garantir la pérennité de la collection.

Des actions de récolement et de post-récolement actuellement en cours dans les administrations parisiennes, exposant des œuvres de la collection.

Ces opérations de récolement et de post-récolement sont menées dans les différentes administrations parisiennes exposant des œuvres de la collection. Elles garantissent la veille sanitaire des œuvres, comme la pérennité de la collection. C’est ainsi que plus de la moitié des œuvres de la collection peut se trouver hors de ses réserves : en dépôt dans les équipements municipaux – mairies, médiathèques, établissements du champ social – ou en prêt pour des expositions en France ou à l’étranger.

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