Une œuvre à l'école

Les artistes à l'école et en crèche !

27 avril 2026

Dans le cadre du programme Une œuvre à l’école, les enfants, ainsi que les équipes des établissements, ont souvent la chance de rencontrer les artistes ! Ces moments de proximité, d’échanges ainsi que d’expression artistique sont des opportunités en or pour développer le regard et la créativité des nouvelles générations. Morgane Chédotal, Mathilde Gardel et Samantha Sicot, les trois médiatrices culturelles stagiaires, vous racontent trois de ces rencontres.

Atelier découverte de la peinture sur bois, à la crèche de la Tour d'Auvergne (9e), en lien avec une œuvre de Flora Moscovici.

Atelier découverte de la peinture sur bois, à la crèche de la Tour d'Auvergne (9e), en lien avec une œuvre de Flora Moscovici.

Mathilde Gardel

1ère rencontre : Flora Moscovici

Lundi 2 février a eu lieu la toute première rencontre avec un.e artiste de cette année 2026. Pour ce démarrage, l’artiste Flora Moscovici a présenté son travail pendant le café des parents organisé à la crèche de la Tour d’Auvergne (9e). Ensuite, elle a guidé les tout-petit.es dans leur découverte de la peinture à l’eau. Quel bon moment !

Début du café des parents ! Les parents ont rencontré Flora Moscovici et discuté avec l'équipe de la crèche et l'équipe de médiation du programme Une oeuvre à l'école, autour d'un bon petit-déjeuner.
Flora Moscovici, artiste, posant à côté de sa peinture Mathilde Gardel
Moment d'échange entre l'artiste et l'équipe chargée des repas et de la cuisine à la crèche de la Tour d'Auvergne.
De gauche à droite : Simon Vanackere (Directeur des Familles et de la Petite enfance de la ville de Paris), Chantal Revillion (coordinatrice petite enfance DAFPE 891), Virginie Mergoil (Adjointe de la mairie du 9e, en charge de l’épanouissement des générations, de l’innovation et de la vie associative, Emmanuelle Le Bris (responsable de la crèche de la Tour d'Auvergne), Flora Moscovici et Céline Thernisien (adjointe de direction de la crèche) Mathilde Gardel

L'atelier s’est déroulé avec les plus grand.es, le groupe des Étoiles filantes (deux/trois ans) ! Les professionnel.les se sont inspiré.es du livre Petit-Bleu et Petit-Jaune, écrit par Leo Lionni. Flora Moscovici, l’artiste de l’œuvre exposée à l’accueil de la crèche, a recommandé cette lecture. Alors, avant chaque atelier, la médiatrice a lu ce livre comme une sorte de petit rituel. Le livre raconte que Petit Bleu et Petit Jaune sont les meilleurs copains. Ils découvrent que lorsqu’ils se serrent fort, ils se transforment en vert.

« Attention, il faut mettre le ton mais pas plus, ne pas interpréter le livre, ne pas dénaturer l’œuvre. Les enfants doivent se faire leur propre interprétation. »

Les tout-petit.es Louise, Octave, Livia et Mamadou ont parfaitement joué le jeu. Les enfants avaient en face d'elle.eux de la peinture jaune et verte. Et face à eux, un support en bois. Chacun.e a commencé à son rythme, mais tous.tes ont fini par mélanger les couleurs pour créer leur propre vert. Les couleurs se sont étalées sur les mains et même sur les visages. Quel joli tableau !

Mamadou était très efficace, les mains pleines de peintures recouvertes en entier !

Début de l'atelier peinture sur bois, animé par Flora Moscovici
Les grand.es de la crèche expérimentent la peinture et le mélange des couleurs Mathilde Gardel
Mathilde Gardel
Si certain.es peignent avec des pinceaux, d'autres préfèrent utiliser leurs mains ! Mathilde Gardel
Lavage de main, et ça repart ! Mathilde Gardel
Mathilde Gardel

Retour au rez-de-chaussée où deux groupes se sont constitués. D’abord Gustave, Victor, Juliette et Coco. Ensuite, Romy, Vinciane, Ilyès et Abdouhadry. Certain.es étaient très soigné.es, tandis que d’autres, à peine arrivé.es dans la pièce avaient déjà leur pinceau trempé de peinture. Mais presque tous.tes ont tenté de goûter la peinture ! L’une des professionnelles présentes aux deux ateliers, Lucie, a donné une explication : les nappes qui protégeaient les tables étaient les mêmes que les nappes mises lors des repas. On a donc compris la confusion ! 

Abdouhadry a été très énergique, les mains pleines de peinture et la toile vite remplie de mélange de couleurs. Et pas de doute c’était le frère de Mamadou. Une famille de grands créatifs donc !

C’était une très jolie première expérience dans le monde des petit.es.

Depuis la venue de Flora Moscovici, quatre ateliers se sont déroulés autour de son œuvre.

Un enfant qui peint à l'aide d'une brosse
Les créations des enfants à la fin de l'atelier Mathilde Gardel

Envie d'en apprendre plus sur Sans titre, l'œuvre de Flora Moscovici ?

Documentation
Dossier pédagogique de Sans titre de Flora Moscovici
Enseignant.e et partenaire

2ème rencontre: Ibrahim Meïté Sikely

Le 6 février dernier, à l'école élémentaire Charles Hermite (18e), s’est tenue une rencontre avec l’artiste Ibrahim Meïté Sikelly. Ancien étudiant de la Villa Arson, il est récemment diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Le travail d’Ibrahim Meïté Sikely s’articule autour de fables contemporaines. À travers des portraits et autoportraits qui sonnent comme des mythologies personnelles, l’artiste représente des mondes fantastiques, sans se détourner du monde réel. En effet, le peintre s’inspire de la culture populaire tout en questionnant les rapports de domination de notre société. Ibrahim Meïté Sikely évoque les rêveries de l’enfance en train de combattre les discriminations raciales. Ses œuvres transmettent des messages forts, cherchant à discuter des enjeux sociétaux actuels.

Le Fonds d’art contemporain Paris - Collections entretient un partenariat avec l’école dans le cadre du dispositif de médiation : « Une œuvre à l’école ». L’œuvre How can I lose if we never win d’Ibrahim Meïté Sikely est installée dans le hall d’entrée de l’école. Après avoir étudié cette peinture durant quelques mois, ce sont deux classes de CM2 qui ont échangé avec l’artiste en personne pour en apprendre plus sur son processus créatif.

« Diamouhamadou élève de CM2 – « Est-ce que tes parents sont fièr.es de toi ? » Ibrahim – « Oui, pour te dire la vérité, quand je suis chez ma mère, je fais ce que je veux et elle ne me crie plus dessus ! » [Rires]. »

Échange dynamique entre l'artiste et les élèves de CM2, lors de la présentation de l’œuvre et du mythe d'Icare dans l'Histoire de l'art.
L'artiste est venu présenter un article écrit à son sujet dans une revue spécialisée en art !
Détail de l'article traitant du travail de l'artiste. Les élèves étaient très attentif.ves.
Présentation du tableau La Chute d'Icare (c. 1553) d'après Pieter Bruegel l'Ancien

Ibrahim Meïté Sikely a abordé des questions autour du racisme, et s'est confie sur ses propres expériences, dans un lien de confiance avec les enfants. Ses œuvres traitent de sujets difficiles tout en représentant un univers coloré et des personnages caricaturés, contraste que les enfants ont très vite assimilé. Choisir la peinture comme support de son art engagé n’est pas une chose facile. En effet, peindre des éléments de la culture populaire (mangas, super-héro.ines, médias, etc.) sur de grandes toiles, c’est bousculer les idées préconçues et remettre l’art pictural en lumière ! Cette démarche inscrit pleinement Ibrahim Meïté Sikely dans l’art contemporain.

La rencontre riche en échanges, rires et enthousiasme a permis aux élèves de l’école Charles Hermite, et à leur professeur.es, comme Léa De Benedetti, de poursuivre leur apprentissage de l’art contemporain. Avec de nouvelles sources d’inspirations, leurs futurs projets seront bientôt remplis de dragons et de super-héros.ines !

Un total de quatre ateliers de médiation avec les élèves ont été menés depuis la venue de l'artiste.

« Ayman élève de CM2 – Tu comptes continuer de vivre de cette passion ? Ibrahim – Je suis artiste plasticien donc c’est bien plus qu’une passion, c’est mon métier. J’ai prévu de faire des films, d’écrire des livres, j’ai envie de continuer de créer et de faire plein de choses. »

Dessins des élèves de CM2 représentant à leur manière l’œuvre How can I lose if we never win.
Ibrahim Meïté Sikely échangeant avec les élèves dans le hall de l'école, sous sa peinture

Envie d'en apprendre plus sur how can I lose if we never win?, l'œuvre d'Ibrahim Meïté Sikely ?

Documentation
Dossier pédagogique de how can I lose if I never win ? d'Ibrahim Meïté Sikely
Enseignant.e et partenaire

3ème rencontre : Nidhal Chamekh

Le 17 février, l'école élémentaire des Pyrénées (20e) a accueilli Nidhal Chamekh, l’artiste qui a réalisé nos visages, trois portraits accrochés dans les escaliers. L'atelier a été précédé par un café des parents. Ces dernier.ères ont également fait connaissance avec Julie Gandini, conservatrice et responsable du Fonds d’art contemporain - Paris Collections.

En classe d’arts plastiques, la rencontre débute avec les élèves de CE1 et de CE2, par une présentation plus générale du travail de dessin de l’artiste. Les enfants ont montré beaucoup de curiosité pour les formes que Nidhal Chamekh aime dessiner et faire dialoguer ensemble. Iels ont posé des questions et ont essayé de deviner ce qui était représenté. Les interprétations allaient de bon train !

Devant trois œuvres de la série nos visages, les parents et certain.es enseignant.es ont échangé avec Nidhal Chamekh à propos de son travail.
Nidhal Chamekh raconte l'histoire des portraits, de ceux qu'on appelait les "Tirailleurs sénégalais" aux parents
Nidhal Chamekh se présente devant les élèves de CE1. A ses côtés, Éric Fourmestraux, professeur des arts plastiques.

Après cette entrée en matière, l’artiste a présenté plus spécifiquement sa série nos visages. Ces visages composites sont ceux de soldats africains, enrôlés dans l’armée française et surnommés les « tirailleurs sénégalais ». L’artiste met en lumière ces figures anonymisées, trouvées dans les reportages colonialistes de la presse de la Première Guerre mondiale.

Cette série allie donc travail d’archive, de mémoire et de réparation dans un rendu d’une grande délicatesse à l’encre de Chine. Pour illustrer ses propos, l’artiste a distribué aux enfants des originaux de la revue « Le Miroir », périodique où l’artiste a trouvé les portraits. Les élèves ont alors découvert avec beaucoup de surprise la presse de l’époque. Les photographies semblent avoir suscité le plus d’intérêt dans les deux classes.

Les élèves de CE1 découvrent pour la première fois des tirages originaux de la revue Le Miroir, périodique grâce auquel l'artiste a trouvé les portraits pour sa série nos visages.
Pause lecture

Pleinement immergé.es dans l’œuvre de Nidhal Chamekh, les enfants se sont à leur tour transformé.es en artistes ! Au programme : découper, échange, recomposer et coller ! Pour cet atelier, les élèves ont ramené de chez elles.eux des photographies de leurs grands-parents. Ils ont ensuite été invité.es à les découper en plusieurs morceaux pour être échangés avec ceux de leurs camarades. A la manière de l’artiste, iels fragmentent ces visages pour créer des nouveaux portraits.

Explication des consignes par le professeur d'arts plastiques
1ère étape : Découpage des photographies
On imagine la composition finale de ce nouveau portrait
2nde étape : collage !

À la fin de l’atelier, certain.es enfants ont présenté leurs créations avec beaucoup de fierté. Ils et elles étaient très inspiré.es ! L’artiste Nidhal Chamekh a même fait passer aux enfants un original : son dernier dessin qu’il allait envoyer à sa galeriste !

A ce jour, deux des quatre ateliers ont été réalisés avec une médiatrice.

Les trois portraits de la série Nos visages de Nidhal Chamekh ont également été présentés sur le stand du Fonds d’art contemporain – Paris Collections au Grand Palais, à l’occasion de la foire d’art contemporain Art Paris 2026.

Bravo les artistes !

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