Une œuvre en partage Projet en partenariat avec les Centres Paris Anim' Place des Fêtes et Solidarité Angèle Mercier (19e)

Le visage de mon peuple

10 avril 2026

De décembre 2025 à mars 2026, le Fonds d'art contemporain a prêté des œuvres de sa collection à deux centres Paris Anim' du 19e arrondissement. Les deux centres d'animation ont souhaité travailler ensemble pour mettre en avant des artistes asiatiques, sud-américains et caribéens de la collection de la Ville de Paris et proposer à leurs publics une variété de représentations non euro-centrées.

Vue du hall du Centre Paris Anim' Place des Fêtes avec les œuvres de Ivan Peries et Enrique Bryant

Vue du hall du Centre Paris Anim' Place des Fêtes avec les œuvres de Ivan Peries et Enrique Bryant

La genèse du projet

Les Centres Paris Anim' sont des centres d'animation, gérés par des associations soutenues par la Ville de Paris. Réparties sur l'ensemble du territoire, les 49 structures accueillent les Parisiens et Parisiennes et proposent des activités hebdomadaires, sportives ou artistiques, à prix réduits. Ces lieux sont aussi des espaces de convivialité avec des accueils pour les jeunes et de nombreux événements.

La Fédération de Paris de La Ligue de l'enseignement, association d'éducation populaire, a contacté le Fonds d'art contemporain pour développer un projet dans deux des centres dont elle a la gestion dans le 19e arrondissement. Les deux centres sont à proximité, dans les quartiers Place des Fêtes et Danube, mais les usager.e.s des deux lieux, en particulier les adolescent.e.s ne se mélangent pas forcément.

Le thème du projet a été choisi à partir d'un cycle de conférence en Histoire de l'art déjà organisé par les centres en collaboration avec l'entreprise Point Parole. La sélection d’œuvres a donc été faite en écho au sujet de l'événement du 21 mars : "Le relativisme culturel dans l'art, l'histoire de l'art est-il un sujet uniquement occidental ?". Ces questionnements prolongent des réflexions en cours au sein de l'équipe du Fonds d'art contemporain, notamment pour un projet d'exposition proposé lors de la Foire d'art contemporain Art Paris 2026 au Grand Palais du 9 au 12 avril.  

Les œuvres

5 œuvres ont été choisies par les équipes des Centres Paris Anim'. Créés entre les années 1950 et nos jours, elles permettent de découvrir 5 artistes du Fonds d'art contemporain de la Ville de Paris : Ivan Peries (Sri-Lanka), Enrique Bryant (Mexique), Alberto Quintanilla (Pérou), Lennon Jno-Baptiste (République dominicaine) et Livia Melzi (Brésil). Les parcours singuliers de ces artistes montrent plusieurs stratégies de carrière et de positionnement entre l’histoire de l’art de leurs pays d’origine et l’histoire de l’art occidentale dominante.

Ces œuvres ont pour point commun d’accorder une grande importance à la figure humaine et au portrait, d’où le titre de l’accrochage « Le visage de mon peuple », traduction du nom de l’estampe d’Alberto Quintanilla (« La cara de mi pueblo »).

Certaines de ces oeuvres avaient déjà été montrés récemment, comme le dyptique de Lennon Jno-Baptiste à la foire Art Paris 2025 ou l'estampe d'Alberto Quintanilla à l'école Alésia dans le cadre du programme Une œuvre à l'école 24-25, mais d'autres ont été redécouvertes pour le projet. Le Portrait de Ivan Peries, acquis en 1954, est probablement la seule présence de l'artiste sri-lankais dans une collection publique française. Réalisée au début de la carrière de l'artiste, la toile représente le portrait d’une femme anonyme, probablement sri-lankaise dans une large robe à imprimée. Les proportions du modèle sont étranges : ses bras et ses cheveux tressés semblent très longs par rapport à son visage. Ces proportions libres par rapport à la réalité sont un signe de modernité et donnent un côté fantastique au tableau.

Rencontre avec l'artiste Livia Melzi

Livia Melzi est une photographe brésilienne, résidant en France depuis plusieurs années. Sa photographie Autoportrait II a été acquise par la Ville de Paris en 2025, le prêt au centre Paris Anim' Solidarité Angèle Mercier est la première sortie de l’œuvre dans le cadre d'un programme de médiation.

Le mercredi 21 janvier, l'artiste est intervenue au centre d'animation pour une rencontre avec des usager.e.s, adultes et adolescent.e.s. L'artiste a partagé des anecdotes sur son travail et l'histoire du Brésil. Cette rencontre a permis aux participant.e.s de questionner leurs représentations du Brésil et des peuples autochtones. Par exemple, l'artiste a expliqué, que par rapport à la France, il est très compliqué de faire son arbre généalogique au Brésil car de nombreuses familles sont issues d'histoires de métissages, souvent violentes, entre europén.ne.s, peuples autochtones et populations noires africaines anciennement esclavagisées.

Les jeunes ont particulièrement été intrigué.e.s par les rituels anthropophages pratiqués dans le passé par les peuples Tupi dont Gliceria Tupinamba, l'activiste visible sur la photographie, est une descendante. Ils connaissaient l'anthropophagie (ou le cannibalisme) à travers des films d'horreur et ont pu découvrir que ces pratiques ont pu être de véritables faits sociaux avec des règles et un rôle pour les communautés.

La rencontre en images

Ateliers d'initiation au batik

Inspirés par l’œuvre de Ivan Peries, des ateliers batik (teinture sur textile) ont eu lieu dans le cadre des cours de couture de Marie-Hélène Bardi au Centre Paris Anim' Place des fêtes. En effet, l'impression du motif sur la robe orange semble avoir été fait avec cette technique d'impression. Le batik est un artisanat d'origine indonésienne, qui s'est ensuite exportée au Sri-Lanka, et même jusqu'en Afrique de l'Ouest via les Pays-Bas avec le wax.

Les participant.e.s ont expérimenté deux techniques différentes. Pour la première, on commence par plier le tissu puis le serrer avec une ficelle. On plonge ensuite le textile dans la teinture et cela crée des motifs aléatoires. Pour la deuxième, on utilise de la cire qu'on vient appliquer au pinceau. Les parties recouvertes vont ainsi servir de caches lors de la coloration. Pour finir, on passe le tissu au fer à repasser pour enlever la cire.

Les participant.e.s ont apprécié cette initiation qui leur a donné des idées !

L'atelier en images

Les participantes appliquent la cire
Exemple de réalisations avec la technique à la cire
Exemple de réalisations avec la technique du pliage

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