Des photos de toutes les couleurs !
29 juillet 2025Pour cette nouvelle édition avec L'Externat médico-éducatif du Luxembourg de l'association ASEI, l'oeuvre vidéo La Défense de Julien Carreyn est diffusée en salle de cinéma. Tout au long d'un parcours d'ateliers, les enfants et les adolescent.e.s explorent l'univers coloré de l'artiste et la statuaire dans l'espace urbain.

Prise de vue avec filtre colorée d'une statue par un jeune au Jardin du Luxembourg
La défense, vidéo de Julien Carreyn
Artiste photographe, Julien Carreyn a réalisé peu de films. La Défense fait partie des premiers. Tournée en 2018, cette vidéo ne propose aucune narration. Elle semble être un montage d’archives, témoignage de la propension de l’artiste à générer des images à l'esthétique datée, nostalgique.
Des plans fixes se succèdent. On y découvre des statues du 1% artistique datant des années 1980 à 1990, comme on en voit sur les ronds-points et les places. Signées Julio Silva, Igor Mitoraj ou Leonardo Delfino, elles tombent aujourd’hui en désuétude. Englouties par le flot des passants, dans l’ombre des gratte-ciels, ces figures de bronze ou de pierre sont les traces d’un temps révolu.
Contemplatif, le film propose une réflexion sur le goût et l’oubli. Le point de vue, focalisé sur l’espace urbain, soulève la dimension presque accessoire de cette statuaire aux ambitions grandioses, immobile au milieu des foules de la dalle. Seul l’artiste décide de marquer un arrêt, d’épouser le rythme de ces statues, dans un geste d’hommage candide et mélancolique.
Plastiquement, La Défense se distingue par son esthétique atypique : une image agrandie au maximum, usée, polluée de bruit, qu’habillent des filtres colorés. Au son, des nappes oniriques mêlées aux bruits de la ville, de la vie. La vidéo se distingue par sa dynamique discrète : elle vibre, vacille. « On dirait qu’il pleut » suggère une élève.
A la découverte des sculptures dans l'espace public
Situé dans le 6e arrondissement de Paris, l'EME est entouré de nombreuses sculptures. Les enfants et adolescent.e.s sont allé.e.s à leur rencontre, et, guidé.es par leurs accompagnants, ont prêté attention à leurs poses, attitudes et expressions. Que cache l'immobilité d'une statue ? Appareils photo en main, ils et elles se sont inspiré.e.s de la patte chromatique de Julien Carreyn pour produire des clichés étonnants, tout en couleurs, et porter un regard neuf sur les représentations de reines et de femmes illustres qui jalonnent le Jardin du Luxembourg.
L'art du kamishibai : les statues s'animent !
Les élèves se sont ensuite appropriés les statues en créant, pour chacune, un décor peint. Ces saynètes colorées, où se mêlent photos de reines, d'arbres, et peinture, ont ensuite été montrées à travers un support étonnant, proposé par Camila, enseignante d'arts plastiques. Il s'agit d'un kamishibai, un petit théâtre japonais en bois où l'on peut glisser des images. Derrière, le conteur ou la conteuse infuse de la vie à chaque illustration, mêlant littérature et art de la scène. Ici, c'est Camila qui interpréte les productions de chacun.e, et raconté leurs histoires. Un vrai petit spectacle, créé sur mesure par et pour les jeunes de l'EME.
Sculptures et paysages : deux ateliers avec l'artiste Julien Carreyn
Julien Carreyn est un adepte du détail. Dans son travail, les petites impressions sont souvent à l'honneur. Encadrées de vide, elles attirent le regard, proposent au spectateur de se plonger dans la contemplation d'une toute petite fenêtre visuelle, où un monde se déploie, en teintes, en contrastes.
L'artiste a proposé aux élèves des ateliers en deux étapes. En matinée, à l'aide d'un petit dispositif simple (carton noir, plaque de verre et pâte à modeler), ils se sont concentrés sur le modelage de minuscules formes abstraites à disposer sur le verre. A travers l'objectif d'un appareil photo, les compositions ainsi placées se sont transformées en paysages extraterrestres, sous les yeux ébahis des jeunes. Un tour de magie savamment exécuté, avec la complicité de Julien Carreyn, et de sa maîtrise de la prise de vue.



Pour l'étape finale, nous avons rassemblé toutes les photos prises par les élèves, reflétant ainsi leur parcours autour des statues. En autonomie, chaque élève a pu réaliser un petit fanzine compilant ses clichés préférés de statues, et ses micro-paysages favoris, pour créer un véritable objet-livre, témoin de sa rencontre enrichissante avec Julien Carreyn. Un véritable accomplissement, qui sera mis à l'honneur lors de l'exposition de fin d'année de l'EME !


Eh bien, dansez maintenant !
Pour conclure ce cycle haut en couleurs, quoi de mieux que d'esquisser quelques pas de danse ? Grâce à l'intervention de Victoire Leglois, danseuse, deux groupes de petits ont pu s'essayer à un exercice aussi ludique que magique : donner vie aux statues. A travers une série d'exercices, à mi-chemin entre le "Jacques a dit" et le "1,2,3, soleil", nos apprentis danseurs ont appris à mobiliser leur corps pour opposer mouvement et immobilité.


