Art Basel Paris 2026 : Faire collection aujourd’hui
12 octobre 2026
Stand du Fonds d'art contemporain - Paris Collections, Art Basel 2025
© Hélène Mauri
En 2026, 38 nouvelles œuvres ont rejoint les quelque 23 000 œuvres du Fonds d’art contemporain - Paris Collections. Cette nouvelle campagne d’acquisition poursuit une attention portée à la jeune création, à la diversité des scènes artistiques et aux récits qui traversent notre époque.
Questions environnementales, géopolitiques, mémorielles ou identitaires : les œuvres acquises témoignent de façons très différentes d’observer et de raconter le monde contemporain. Ouverte à tous les médiums, la collection accorde une place à des œuvres qui saisissent quelque chose de leur époque : ses tensions, ses transformations, mais aussi ses imaginaires. Elle reste également attentive à la présence des artistes femmes et queer.
À Art Basel Paris, 17 œuvres de 15 artistes composent un ensemble où se croisent des parcours, des sensibilités et des écritures plastiques différentes.
Par la diversité de leurs formes et de leurs approches, elles donnent à voir la vitalité de la création contemporaine en 2026 : des œuvres fortes et singulières, qui affirment chacune un regard et une manière propre de se saisir du réel.
Au sein de cette sélection, certaines œuvres se répondent et dessinent des lignes de lecture communes.
Ilanit Illouz, Férielle Doulain-Zouari et Malik Nejmi abordent le territoire à travers ses matières, ses ressources et son histoire. Le sel, le verre, l’argile et l’eau deviennent les traces de paysages marqués par l’assèchement, les transformations environnementales et des contextes politiques complexes. De la mer Morte aux oueds du Kef, en Tunisie, jusqu’à Boudlel, au Maroc, leurs œuvres témoignent aussi des liens que les populations entretiennent avec ces lieux, entre savoir-faire, mémoire et dimension spirituelle.
Léa Belooussovitch, Haonan He et Lebohang Kganye s’intéressent à ce que les images conservent de l’absence et de la disparition. À partir de photographies personnelles, médiatiques ou d’archives, les artistes transforment l’image originale : les figures se superposent, deviennent floues ou semblent peu à peu s’effacer. Ces transformations déplacent la photographie de sa fonction documentaire pour faire apparaître la mémoire, l’émotion et ce qui subsiste lorsque les personnes ou les événements s’éloignent dans le temps.
Rudy Dumas-Jandolo, Pauli Bertholon et Daria Koltsova mettent en lumière des histoires, des identités et des violences parfois laissées en marge des récits dominants. Mémoire des populations roms et des gens du voyage, identités queer et trans, guerre contemporaine en Ukraine traversent leurs œuvres. Le métal, le charbon ou le verre participent pleinement à ces récits : fragiles, marqués ou transformés, les matériaux deviennent eux-mêmes porteurs des traces laissées par les conflits et les formes d’effacement.
Javier Carro Temboury et Nina Jayasuriya partent d’objets familiers pour raconter des histoires de lieux et de transmission. Assiettes, bols, céramiques ou cartes postales sont détournés de leur usage premier, découpés, transformés ou recomposés. Chez l’un, les objets chinés gardent la mémoire des territoires où ils ont été trouvés ; chez l’autre, le souvenir touristique devient le point de départ d’une réflexion sur le Sri Lanka et les transformations de son littoral. Des objets ordinaires deviennent ainsi les témoins de nos déplacements, de nos souvenirs et des changements qui traversent les territoires.
Agata Ingarden, Camille Chastang et Zélie Nguyen construisent des univers où des éléments familiers prennent une dimension étrange. Ingarden transforme des formes architecturales ordinaires en une habitation hybride, située entre construction et organisme vivant ; Chastang réinterprète le mythe médiéval de Mélusine à travers un regard contemporain ; Nguyen revisite le jardin d’Éden dans un paysage presque déserté. Architecture, récit mythologique et paysage deviennent ainsi des espaces de projection où le réel se mêle à l’imaginaire.
Marie Vassilieff : retrouver l’œuvre avant l’œuvre
Cette année, un autre geste d’acquisition vient raconter la collection différemment.
En juin 2026, le Fonds a acquis à titre exceptionnel un dessin préparatoire de Marie Vassilieff (1884-1957) qui précède Portrait de Marie Vassilieff par elle-même, entré dans les collections en 1956. Un autoportrait réalisé l’année avant son décès, qui présente l’artiste entourée de certaines de ses sculptures les plus reconnaissables et comptant parmi les dernières œuvres connues de l’artiste. Cette acquisition rappelle une autre mission du Fonds : conserver, restaurer, documenter et mieux connaître ses collections, notamment son important fonds moderne.
Réunis près de soixante-dix ans plus tard, le dessin et le tableau permettent d’éclairer le processus de création d’une artiste majeure du XXe siècle, encore largement méconnue, et d’enrichir la connaissance d’une œuvre déjà conservée.
De l’histoire de ses collections à la création d’aujourd’hui, le Fonds poursuit une même exigence de regard et de transmission.
Présenter ces œuvres à Art Basel Paris, au milieu d’une scène artistique internationale, rappelle aussi qu’une collection publique peut être un lieu d’ambition et de prise de risque. Acquérir, c’est porter un regard sur la création actuelle, mais aussi faire des choix sur ce que l’on souhaite accompagner dans la durée. Depuis la première édition du Prix Marcel Duchamp, 52 artistes présent·es dans les collections du Fonds ont ainsi été nommé·es, dont 20 lauréat·es. Mais la foire n’est qu’un moment dans la vie de ces œuvres. Beaucoup rejoindront ensuite des écoles, bibliothèques, conservatoires, équipements sociaux ou administrations parisiennes. Elles passent ainsi du Grand Palais aux lieux du quotidien, au plus près de celles et ceux qui vivent, étudient ou travaillent à Paris. C’est dans cette circulation que la collection prend tout son sens : soutenir les artistes, conserver leurs œuvres, mais surtout les faire vivre et les partager.
Collection Collège à Art Basel Paris 2026
Initié il y a cinq ans dans plusieurs collèges parisiens, Collection Collège fait partie des programmes phares du Fonds d’art contemporain - Paris Collections.
Il sensibilise des élèves à l’art contemporain et les associe à une commission d’acquisition d’œuvres, les positionnant en tant que rapporteur·rice·s pour des œuvres qu’ielles ont étudiées tout au long de l’année. En 2026, le Fonds d’art contemporain s’est enrichi de 9 œuvres avec la complicité des élèves des collèges Flora Tristan (20e) et Colette Besson (20e).
Les œuvres de Camille Chastang et d’Ilanit Illouz seront présentées sur le stand Art Basel Paris 2026.
Suite à leur numérisation, toutes les œuvres acquises seront déposées dans les collèges et pourront être empruntées par les familles sur le modèle d’une artothèque.
Médiation culturelle sur le stand
Tout au long de la foire, les médiatrices culturelles du Fonds d’art contemporain - Paris Collections accueilleront les visiteur·euse·s pour leur présenter les œuvres exposées. Elles répondront aux questions du public et leur donneront plus d’informations sur le Fonds et son fonctionnement dans sa globalité.
Interviews d’artistes
Pour l’édition 2026 de la foire Art Basel Paris, nos équipes sont allées à la rencontre de 3 artistes, directement dans leurs ateliers. Les interviews de Rudy Dumas-Jandolo, Bahar Kocabey et Zélie Nguyen pourront être visionnées en accès libre sur des tablettes disponibles sur le stand.
Lancement de la campagne d’acquisitions 2027
À l’occasion de la foire Art Basel Paris, le Fonds d’art contemporain - Paris Collections donnera le coup d’envoi de la campagne d’acquisitions pour 2027. Du 23 octobre au 08 janvier 2027 midi, artistes et galeristes pourront déposer leurs candidatures en ligne sur le site du Fonds. Le comité d’acquisition, composé de personnalités qualifiées, se réunira en mai 2027.
Pour candidater : rendez-vous sur le site du Fonds d’art contemporain – Paris Collections
Informations pratiques
Pour venir : Grand Palais - 7 avenue Winston Churchill, 75008
Journées publiques :
Vendredi 23 octobre : 11h-19h
Samedi 24 octobre : 11h-19h
Dimanche 25 octobre : 11h-19h
Retrouvez les œuvres sur le stand 1-M8 au 1er étage du Grand Palais.
Accès aux professionnel·les mercredi 21 et jeudi 22 octobre